Crypto et fiscalité : comment déclarer vos gains en toute légalité en évitant les erreurs courantes

Crypto et fiscalité : comment déclarer vos gains en toute légalité en évitant les erreurs courantes

Depuis quelques années, les crypto-monnaies occupent une place de plus en plus importante dans nos portefeuilles et nos conversations. Bitcoin, Ethereum, Binance Coin, Solana… Le grand public s’est peu à peu familiarisé avec ces actifs numériques qui, hier encore, semblaient réservés à une poignée d’initiés. Mais voilà : à l’heure des déclarations fiscales, une question me revient souvent dans les mails que je reçois sur RobertLion : « Comment déclarer mes plus-values crypto ? »

La fiscalité des crypto-monnaies en France peut sembler aussi volatile que les cours du Bitcoin. Pourtant, bien déclarer vos gains est non seulement une obligation légale, mais c’est aussi un excellent moyen d’éviter des tracas avec l’administration fiscale… Je vous explique ici en toute transparence ce que vous devez savoir, les erreurs à ne pas commettre, et surtout comment rester dans les clous sans vous arracher les cheveux.

Quand devez-vous déclarer vos gains en crypto ?

Commençons par une clarification simple mais essentielle : vous devez déclarer vos plus-values en crypto uniquement lorsque vous convertissez vos cryptos en monnaie FIAT (comme l’euro), ou lorsque vous utilisez vos cryptos pour acheter un bien ou un service.

Si, par exemple, vous achetez du Bitcoin, puis le convertissez en Ethereum sur une plateforme comme Binance, cela ne constitue pas un événement fiscal imposable. En revanche, si vous vendez vos Ether contre des euros, là, l’imposition entre en jeu.

Depuis 2019, les autorités fiscales françaises considèrent les crypto-monnaies comme des actifs numériques, soumis au régime des plus-values sur actifs numériques pour les particuliers. Autrement dit, les gains réalisés dans ce cadre sont imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, aussi connu sous le nom de flat tax (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux).

Comment calculer votre plus-value imposable ?

Le calcul de la plus-value est basé sur la différence entre la valeur de cession (ce que vous retirez en euros) et le prix d’acquisition moyen pondéré (PAMP) de vos actifs numériques.

Voici une approche simplifiée :

Opération Montant en euros Remarques
Achat de 0,5 BTC à 15 000 € 7 500 € Premier achat
Achat de 0,5 BTC à 25 000 € 12 500 € Second achat
Vente de 0,5 BTC à 30 000 € 15 000 € Vente déclenchant une imposition

Prix moyen d’acquisition : (7 500 € + 12 500 €) / 1 BTC = 20 000 € par BTC

Donc 0,5 BTC = 10 000 € de base d’achat

Plus-value = 15 000 € (vente) - 10 000 € (base)= 5 000 €. C’est ce montant qui sera soumis au PFU de 30 %, soit 1 500 € d’impôt.

Comment faire concrètement votre déclaration ?

Depuis votre espace personnel sur le site des impôts impots.gouv.fr, vous devez remplir plusieurs formulaires :

  • Formulaire n° 2086 : pour détailler vos cessions imposables (valeur, prix d’achat, plus-value, etc.)
  • Formulaire n° 2042-C : pour reporter le total des plus-values imposables calculées avec le 2086
  • Formulaire n° 3916-BIS : pour déclarer vos comptes ouverts sur des plateformes étrangères (comme Binance, Kraken ou Coinbase)

Ne pas déclarer vos comptes sur des plateformes étrangères peut entraîner une amende de 750 € par compte non déclaré. Et croyez-moi, l’administration fiscale commence sérieusement à s’intéresser au sujet. On le voit déjà avec les premières requêtes de données envoyées aux plateformes d’échange.

Les erreurs fréquentes à éviter

Erreur n°1 : Penser que "crypto vers crypto", c’est imposable
Je le répète, tant que vous ne sortez pas vos gains en euros ou n’achetez pas un bien, vous ne déclenchez pas d’imposition. Cela dit, gardez une trace de chaque opération, car elles affectent votre PAMP, donc… vos futurs gains imposables.

Erreur n°2 : Oublier de déclarer ses wallets dans le formulaire 3916-BIS
Même si votre compte Kraken ne vous sert que pour stocker quelques DOGE, il doit être déclaré. Idem pour les plateformes oubliées où vous avez laissé des poussières de tokens : soyez rigoureux, cela vous évitera bien des ennuis !

Erreur n°3 : Ne pas tenir de registre précis des transactions
J’en parle souvent sur le blog : utilisez des outils comme Koinly, Waltio ou encore CoinTracking. Ils automatisent le suivi de vos transactions, calculent votre PAMP et génèrent même les formulaires prêts à déposer pour vos déclarations.

Et si vous êtes mineur ou occasionnel ?

Il existe une tolérance pour les mineurs d’actifs numériques. Si vous avez généré moins de 305 € de plus-value en un an, vous n’êtes pas imposable. Attention toutefois : cette exonération ne vous dispense pas de déclarer votre compte sur un exchange étranger !

Pour les traders très actifs, l’administration peut parfois considérer que vous êtes assimilé à un professionnel. Cela change tout : vos gains basculent alors dans la catégorie des BNC (bénéfices non commerciaux), voire des BIC. Cela concerne assez peu de monde, mais si vous tradez tous les jours avec des sommes importantes, mieux vaut consulter un comptable expérimenté dans la fiscalité crypto.

Une stratégie pour mieux gérer sa fiscalité crypto

Ce que je conseille très souvent à mes lecteurs, c’est de réaliser vos prises de profit de manière réfléchie :

  • Évitez de vendre de grandes quantités d’un coup en fin d’année pour ne pas alourdir votre déclaration fiscale.
  • Pensez à lisser la sortie de vos gains et à constituer une réserve pour l’impôt à payer (30 % de vos plus-values).
  • Gardez toujours une trace des transactions : date, montant en euros, frais, prix d’achat… Tout !

Enfin, n’oubliez pas que l'administration fiscale dispose d’un droit de contrôle sur vos déclarations pendant trois ans. Être rigoureux aujourd’hui, c’est éviter les rappels demain (et croyez-moi, ce n’est pas une menace en l’air).

La fiscalité des gains en crypto peut certes sembler aride, mais elle est accessible à tous à condition d’y consacrer un peu de temps. En tant que passionné de finance et d’investissement, mon objectif est de vous aider à le faire en toute légalité et sans anxiété.

Et si vous hésitez encore ou que vous vous sentez perdu, sachez que de nombreux experts (comptables, fiscalistes, ou plateformes comme Waltio) proposent des accompagnements personnalisés. Cela peut représenter un petit investissement, mais c’est vite rentabilisé… surtout si vous avez réalisé de belles plus-values.


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